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« L’art et rien que l’art !
C’est lui qui nous permet de vivre, qui nous persuade de vivre, qui nous stimule de vivre » Nietzche

 

 

Cette phrase qui n’est pas écrite par un peintre, un sculpteur mais par un philosophe illustre bien ce que représente l’art pour l’homme ou pour certains hommes, comme c’est le cas pour Gérald Genta.royaloak.gif

Est-il avant tout un peintre, un génial horloger, son domaine est il celui de l’art appliqué ou de l’art tout court ?

En fait est-il bien nécessaire de placer les gens dans des catégories ?

Cela est-il réalisable lorsqu’il s’agit d’artistes qui par définition transgressent toutes classifications.

Une chose est certaine, Gérald Genta est fasciné par tout ce qui l’entoure même si il a tendance à voir le monde différemment du commun des mortels.

 

A ce trait de caractère est venue s’ajouter tout au long de sa vie une idée fixe : enfermer le bien le plus précieux de tous les biens, celui que nous essayons en vain de retenir : « le temps ».

Mais à chaque expression, il a donné un tour inattendu.

 

Son monde est contestataire mais gratuitement, simplement différent dit-il parce qu’il voit les choses autrement de tout le monde.

C’est peut être ça un regard d’artiste en tout cas Gérald Genta est l’illustration parfaite de la boutade de

 

Francis Piccabia « notre tête est ronde pour permettre à la pensée de changer de sens !».

Gérald Genta est né à Genève le 1er mai 1931 de père italien et de mère suisse, et déjà dès l’âge de 7 ans il observait pendant des heures les gens, la nature autour de lui tous ces éléments qui imprégnaient déjà son cerveau et peignait sur tout ce qu’il trouvait un monde qui devenait le sien.

 

nicoletta.gifMais il y avait deux être dans ce petit garçon celui qui rêvait de dessin et de peinture et celui qui plein d’ambition se disait qu’il voulait réussir, avoir une belle vie. Aussi il a appris le métier de joaillier, ce qui ne l’empêchait pas de continuer à dessiner et à l’âge de 18 ans alors que le professeur de dessin de l’académie de Genève était malade celui-ci lui confia sa classe pendant quelques mois avec le plus grand succès.

 

En fait on ne le sait pas mais déjà à peine adolescent les deux aspects de sa vie qui n’allaient plus le quitter étaient en place comme des acteurs se préparent à faire avancer la pièce.

Gérald Genta est certainement un être de dualité ;

Marqué par un héritage italien dont il se sent si proche il est néanmoins aussi fils d’une mère Suisse ce qui a certainement imprimé en lui la rigueur nécessaire à toute existence professionnelle.

 

Dualité permanente également entre l’art tout court, l’art avec un grand A, et l’art appliqué qu’il a pratiqué avec tant de virtuosité. Ces deux aspects font toujours partie intégrante de sa vie aujourd’hui, l’un nourrissant l’autre, mais chacun pratiqué avec la même passion.

 

Il est inutile de revenir sur tous les modèles de montres phares qu’il a réalisés au cours de sa carrière car tout le monde sait qu’il a été l’homme qui a le plus contribué à la production de « best sellers » de l’horlogerie mondiale de ces dernières cinquante années.

 

Ce qui est intéressant est de savoir comment lui est venue l’idée pour ses créations.montre127.gif

Jamais il ne s’est inspiré d’autres montres ; jamais il ne feuillette de catalogues d’horlogerie ou regarde les vitrines des joailliers.

Ce qui l’inspire, la forme d’une feuille, d’un meuble ou d’une voiture et mille choses encore ; tout ce qui nous entoure et que nous ne remarquons pas mais que lui intègre dans son subconscient pour le transformer et le faire renaître retravaillé dans des montres toujours plus extraordinaires.

 

Toujours cette dualité dans sa vie entre la lumière et la grisaille, la peinture et l’horlogerie mais en fait une seule passion quelque soit les couleurs qu’elle emprunte : la création.

Gérald Genta peint jour après jour pendant des heures, oubliant tout le reste. Il peint de magnifiques miniatures ou de grandes toiles.

 

On le dit à mi-chemin entre le figuratif et l’abstrait cela lui est bien égal ; on lui dit que son œuvre traduit cette passion pour le temps qui ne l’a jamais quitté c’est certainement vrai mais tout cela n’est pas pensé, voulu de manière consciente.

 

En fait il continue son aventure celle du petit garçon qui rêvait d’être un artiste à Genève et qui n’a pas changé plusieurs décennies après et une existence extraordinaire menée aux quatre coins du monde. Beaucoup de personnes lui parlent de postérité dans un domaine ou un autre, cela ne l’intéresse pas…

Il ne cherche qu’à créer, qu’à transformer sur sa toile ce qu’il ressent, rien de plus.

Il est conscient d’avoir traversé un siècle ou tout a changé et il est passionné par ce monde en constant mouvement.

 

Pour lui aujourd’hui il est sur d’une chose : il fait ce qu’il aime, il vit pleinement sa passion bien persuadé de la vérité inscrite dans les paroles d’André Malraux :

 

« Le monde de l’art n’est pas celui de l’immortalité, c’est celui de la métamorphose ».